Compétition · classement

Le classement Elo expliqué simplement

Un nombre à quatre chiffres qui monte et qui descend, mais selon quelle logique ? Voici le principe, sans formule indigeste.

L’idée de départ

Le système porte le nom d’Arpad Elo, physicien et joueur d’échecs américain d’origine hongroise, qui l’a formalisé au milieu du XXe siècle. Le principe tient en une phrase : à partir de l’écart de classement entre deux joueurs, on calcule le résultat attendu, puis on compare ce résultat attendu au résultat réel.

Si vous faites mieux que prévu, vous gagnez des points. Si vous faites moins bien, vous en perdez. Battre un joueur bien mieux classé rapporte beaucoup, battre un joueur bien moins classé rapporte très peu.

Le score attendu

Quelques repères suffisent en pratique. Un écart de 100 points correspond à un score attendu d’environ 64 pour cent pour le joueur le mieux classé. Un écart de 200 points donne environ 76 pour cent et un écart de 400 points environ 91 pour cent. Autrement dit, à 400 points d’écart, le favori est censé gagner neuf parties sur dix.

Le coefficient de développement

La variation de classement est multipliée par un coefficient qui dépend du profil du joueur. Il est élevé pour les joueurs récemment classés et pour les jeunes, dont le niveau réel évolue vite et plus faible pour les joueurs confirmés au classement stable. C’est ce coefficient qui explique qu’un enfant puisse prendre deux cents points en une saison alors qu’un adulte expérimenté bouge de quelques dizaines de points.

Ce qu’est une partie homologuée

Une partie ne compte pour le classement que si elle est jouée dans une compétition déclarée à la fédération, avec un arbitre, une cadence conforme et des joueurs licenciés. Une partie amicale au club, même en cadence lente, ne modifie aucun classement.

Les classements sont d’ailleurs distincts selon la famille de cadence : un classement pour la cadence lente, un pour le rapide et un pour le blitz. Il est courant d’avoir trois valeurs assez différentes, ce qui n’a rien d’anormal. Voyez nos cadences de jeu pour les seuils.

Le rôle de la feuille de partie

La chaîne d’homologation part de votre feuille. L’arbitre récupère les feuilles signées, saisit les résultats, transmet le fichier à la fédération, qui recalcule les classements à échéance régulière. Un résultat mal reporté ou une feuille non signée peut donc bloquer ou fausser l’enregistrement d’une partie. Notre page sur le rôle de l’arbitre explique la procédure côté salle de jeu.

Les normes et les titres

Au-delà du classement, la fédération internationale décerne des titres, du Candidat Maître au Grand Maître International. Ils s’obtiennent par des normes réalisées dans des tournois répondant à des critères précis de composition et de cadence, combinées à un seuil de classement. Ces normes sont archivées à partir des parties enregistrées, ce qui explique le formalisme entourant les feuilles dans les tournois à normes.

Faut-il regarder son Elo ?

Un classement est une mesure statistique bruitée sur un petit nombre de parties. Une variation de trente points ne dit pas grand-chose. Ce qui dit quelque chose, c’est la tendance sur une saison et surtout la qualité de vos parties, que vous mesurez en les rejouant. C’est l’objet de notre page analyser sa partie après le tournoi, à partir des feuilles que vous rapportez de vos tournois.